DYSPHAGIE

FOCUS proposé par Isabel GAUDIER (Orthophoniste)

Déglutition et dysphagie

Les troubles de la déglutition
A différents moments de la vie, il peut arriver d’éprouver des difficultés à avaler. Que ce soit au détour d’un accident de santé ou lors de la vie quotidienne avec une maladie chronique, 8% de la population mondiale est touchée par ce symptôme qui se nomme la dysphagie.
La dysphagie est définie comme une difficulté lors du transport du bol alimentaire entre la bouche et l’estomac. Elle peut se manifester sous différentes formes : de l’inconfort (lors d’une angine par exemple), à une sensation de gêne ou de blocage (comme cela se rencontre lors de maladies de Parkinson évoluées), jusqu’à l’impossibilité à avaler (en cas d’affections neurologiques, de chirurgies ORL, notamment…).
La dysphagie peut être transitoire. Elle peut également s’installer et devenir chronique, soit séquellaire d’une affection organique, soit évolutive dans le cas d’affections dégénératives.
La dysphagie est donc un symptôme qui accompagne une maladie mais n’est pas elle-même une maladie. Elle se manifeste par la simple gêne à avaler jusqu’à la pénétration d’aliments, de liquides ou de sécrétions dans le larynx, parfois jusqu’à l’inhalation, c’est-à-dire le passage du corps étranger dans les voies respiratoires.

Les conséquences de la dysphagie : fausses routes et dénutrition.
Lorsqu’un corps étranger pénètre dans les voies respiratoires (c’est-à-dire les poumons), on parle alors de fausse route. Chacun peut être amené à faire une fausse route, même en dehors de causes médicales comme l’AVC, les cancers des voies aériennes et digestives ou les maladies neurologiques.
Cela peut survenir à l’occasion d’un manque d’attention, d’un encombrement ou en raison d’un défaut d’adéquation entre le bolus (ce qui doit être avalé) et les capacités motrices ou attentionnelles de la personne.
Toutefois, en cas de fausses routes répétées ou de faiblesse immunitaire, le risque d’infection pulmonaire et de pneumopathie d’inhalation, augmente.
Une autre conséquence de la dysphagie est qu’elle peut déclencher crainte et appréhension au moment des prises alimentaires, susceptibles de provoquer la perte de l’envie et du plaisir de manger, l’évitement social ou des comportements d’opposition.
Il arrive également qu’une alimentation trop simplifiée par principe de précaution produise l’effet inverse de celui escompté et amplifie la dénutrition, contribuant à l’altération de qualité de vie de la personne dysphagique.

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